Portraits de lutte(7/15)。 Debout,debout

19
05月

Quand,àcoupsdedélocalisations,le capitalisme tabasse les femmes,Roselyne Thefaut et Brigitte Peris,ex-camaradesàl'usineAubade et toujours soeurs au village,se serrent les coudes。

Cétaithier。 NaîtrefemmeàNalliers,àSaint-Germain,àSaint-Savin,àLaBussièreouàAntigny,dans l'un despatelinsbercésparles clapotis de la Gartempe,conduisait immanquablement aux ateliers de confection de gaines,de draps et de lingerie AUBADE。 C'étaitledestin:pendantdessiècles,lesmèresétaientrestéesàlamaisonpouréleverlamarmaille; avec les Trente Glorieuses,les filles fileraient,dèsquepossible,l'usine de Saint-Savin ou,un peu plus loin,àLaTrimouille。 Ça,ou rien! Mais aussiunprogrès:il y avait une exploitation absolue,sans aucun doute,etunelibérationafible,tout autant。 Pendant que,dans les capitales du monde libre,lespétroleusesbrûlaientlerssansiens-gorge en place publique,les filles au fin fond de la Vienne rurale partaient,avec le bus de ramassage ou sur leursmobylettespétaradantes,broder de lalingerieféminine。 Soeursàlafoisentravéesetémancipées,syndicalistesaupasséprocpourlapremière,enpleinprésentpourla seconde,camaradesvariousmentliclicciéeetlicenciable de chez Aubade,Roselyne Thefaut(néeBlanchard)et Brigitte Peris(néeBlanchard)connaissent dans leur chair cette histoire-là,juste un mini-mouvementdelibérationdesfemmes。 Mieux:elles l'ontécriteles-mêmes。

Sur son自助餐,Roselyne,cinquante-quatre ans,一张照片qui en atteste:il fautunacidéreculpour embrasser toute sa famille。 Il yalepèreBlanchard,longtemps ouvrier dans les travaux publics,sa femme,mèreaufoyer,trois fils et huit filles。 «On mangeait pas de la viande tous les jours,mais on n'ajamaisétémalheureuses,bien au contraire»,se souvient Brigitte,quarante-neuf ans。 Entre les deux soeurs,cinq ans et demi d'écart,un gouffre dans l'enfance:en mai 1968,par parmple,Roselyne court chaque soir chez les voisins suivre les«événements»,les barricades sur le Boul'Mich'et les我们的职业生涯和职业生涯。 «J'avais treize ans,j'étaisfascinée,témoigne-t-elle。 Ilrégnaituneatmosphèrespeculière,mêmeenpleine campagne。 »Brigitte,elle,passeàcôté:«J'étaisroppetite,s'excuse-t-elle。 Je n'ai vu 68quetrèsrécemmentquandon nous aprojetéunfilmàlaCGT。 »

Àseizeans,l'écoleindentatoest finie et les gamines rentrent chez Aubade; sur les huit soeurs Blanchard,elles serontseptàyfaire leurs premiers pas de travailleuses,et ellescontribuerontàlarenomméemontialed'une marque alors inconnue。 Roselyne来到lapremièreen1971 et al,parmi les autres,Brigittedébarqueen1976.«Mêmesion ne savait pas du tout piquer,ils nous apprenaient pendant ne semaine sur un chiffon,etprèsonselançait,rapporte-t-elle。 Aujourd'hui,le lerait lesyeuxfermés。 »Àl'époque,chez Aubade,在ne signe pas de contrat de travail; ellessontonsauchéesaprèssotête-à-têteavecle directeur,mi-tonton mi-maton - tout un univers paternaliste,infantilisant。 Puis Roselyne rencontreunetêtedebois des parpaings Tartarin,unsyndiquéquine courbe jamais l'échinedevantson patron。 «C'estenfréquentantmonfutur mari quej'aicommencéàbaignerdans cet univers-là,confesse-t-elle。 倾诉父母,女同性恋者,女性主义者。 »Brigitte,àl'versedesonaînée,c'est par le syndicalisme qu'elle rencontrerasonépoux,sur le tard:au cours d'une formation,elleconnaîtcette«étincellequiembrase tout»,mime-t-elle ,avec unduràcuirede chez Peaudouce。

Entre-temps,àl'ustine,aprèsuneépopéeclandestinedans lesannées1970,lesouvrièresd'Aubaderéussissentàsedoter d'une section CGT quand,en octobre 1990,une pluie de courriersdeharcèlements'abatsur elles。 Roselyne et Brigitte sont dans le coup。 Et,trois ans plus tard,lapremière - et jusqu'ici la seule - grèveéclatesurles salaires:un«coup de sang»en une seconde,quelques minutesdeséquestration,puis une semaine d'Occup par parlesouvrières。 «Tutétaitbloqué,il gelait la nuit,faisait la popote,dormait dans des cartons,sereremémorelechoeur des deux soeurs。 一个changéleclimat dans l'usine。 »Mais,dès1995,lafamillepropriétaired'Aubade参与了ladélocalisationdela production。 Unmouvementrégulier,encoreamplifiéàpartirde de avec le rachat par le groupe suisse Calida。 «在audondéréagirplusfortementdèsledébut,regrette Roselyne,mais la directionavaitéussiàfredaincrepas malsalariéesqu'elledélocalisaitustusparce qu'on avait trop de travail。 »LesHelvètesannoncent la fermeture des ateliers de la Trimouille et le transfert en Tunisie de toute la confection industrielle:140 licenseciements en 2007. Et rebelotecetteannée,avec le projet de fermeturequasiomplèted'AubadeàSaint-Savin:104licenciementsenvisagés 。

L'usine,uneparenthèsehistoricoclaquéeàlagueule des femmes? 前副总统CGT d'Aubade,Roselyne Thefaut figure parmi lesraresliclicciéessen2007àavoirtrouvéuncontrat de travail,le premier de sa vie:depuis un an,dans unemaroquinerieéloignée,elle fabrique des sacs hors de prix pour 1 000欧元net par mois。 «Il n'y a pas 10%des filleslicenciéesquisont en CDI,estime-t-elle。 Les autres,elles finissentauchômageoudanslaprécaritéextrême。 »Pour Brigitte Peris,qui,reprise de justesse en 2007,ramasséleflambeau de sa soeur,rien n'est fini:«Je ne vis pas du tout ce plan comme le premier,observe-t-elle。 À''époque,j'étaispombéenddépression。 »Aujourd'hui,elleselèveetrejouelascène:«Moi,je n'airienàperdreet je leur dis qu'ils ne me font pas peur。 Mettez-moi en prison si vous voulez! J'en profiterai倒我的寄托,在我donneraàmanger; toujoursçadepris,je n'aurai plus de boulot! »

Brascroisés,Roselyne,devenueconseillèremunicipalede NalliersetsuppléanteduconseillergénéralcommunisteMichel Brouard,as ple sa sa petite soeur。 L'aînéeravaléladouleur du licenciement ets'esturédene pas s'immiscer dans la lutte。 «Je ne veux plus m'investir,j'aitroppayédemasanté,fait-elle valoir,mais je suis parfois tellementencolère。 Avec le temps,dit-on,se bonifie; moi,j'ai l'impression que je suis plusrévolutionnairequejamais。 »Àlarentrée,les«gentilles fifilles»de la France de tout en bas,celles qui«disaient toujours amen»,cesfemmeslibéréesàNalliers,àSaint-Savin et alentour,pourraient surprendre le monde du capital。 Et s'il le faut,sur les place des des village,brûlerleurssoutiens-gorge。

{{Thomas Lemahieu}}

{{Desgoûtsetdes couleurs}}

{{Unhéros,unehéroïnedefiction?}} Jacquou le Croquant。

{{Ce qui象征着la crise pour vous?}} Elle a bon dos,la«crise»! Les patrons en profitent un peu trop pourlicencieràwoursde bras。

{{Un acquissocialàdéfendre?}} Le SMIC,mais,enmêmetemps,il faudrait l'augmenter vraiment。

{{Un beau souvenir d'enfance?}} Les meilleurs moment tournent autour des repas de famille,tous ensemble。

{{Dans unmondeidéal...}} Tout le mondedevraitêtresyndiqué,on n'aurait pas que des petites poches derésistance,on serait partout,on serait plus forts。

{{Un slogan?}}«Casse-toi,pauv'con! »

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